Bap sculpteur / plasticien

MANOIR de COUESME

 7 au 30 septembre 2012

 

 

 

Le MANOIR de COUESME est une occasion rare de confronter son travail artistique à la force d'une architecture et d'un lieu d'histoire.

En consacrant mon année entière autour de ce projet d'exposition, j'ai souhaité oeuvrer à créer des résonances tantôt concrètes, tantôt symboliques.

 

Nommer cette exposition "Entre deux mondes" c'est donner à voir ce qui se trouve "entre" dans un rapport des oeuvres au lieu, mais aussi proposer une déambulation dans des univers tout à la fois différents et parents.

 

Ainsi, en entrant dans l’enceinte du Manoir de Couesme le visiteur est accueilli par une création in situ, une ligne bleue qui prend racine sur la façade du manoir pour se dérouler au sol.

 

Peut-être une ombre, une frontière entre imaginaire et réalité, ou bien simplement une trace laissée par le temps…

 

Il y a dans cette image plusieurs éléments qui jalonnent le cheminement  de ma création.

Un jeu d’échelle qui apparaît comme une évidence, puis en second plan, la ligne, le tracé, toujours d’un « seul geste spontané », la couleur bleu, les lectures multiples des œuvres, l’ardoise.

 

Tous ces éléments se trouvent pétris de manières différentes au travers des œuvres exposées à Couesme.

 

L’utilisation du bleu qui accompagne l’ensemble de l’expo peut être compris comme un trait d’union à la fois réel et symbolique et même historique puisque couleur prédominante du blason du Manoir.

C’est un possible fil déambulatoire, un récurrence dans l’espace comme avec les monotypes bleus sur papier installés sous le grand préau qui constituent à la fois un trait bleu poser sur le mur, en même temps qu’ils sont aussi des œuvres différenciées.

 

Mais vous pouvez aussi choisir de vous référer à l’idée de l’apparition, de la trace, de la présence/absence, de la mémoire, de la poésie…

 

 

 

 

"Monotype géant" Création 2012 pour le Manoir de Couesme

(photo de Hervé Petitbon)

 

 


"Quand les chevaux étaient bleus" au Manoir de Couesme.

En arrière plan, "Monotypes, (ou presque)", déclinaison en bleu de visions multiples du manoir.(Création 2012 pour le Manoir de Couesme)

 

 

 

 

 

 

 

 


 

« Monotype (ou presque) » ardoise, traces du temps, peinture

Création 2012 pour le Manoir de Couesme

 

En fait, je pense avoir été frappé lors de ma première visite à Couesme par des éléments d’architectures à priori assez communs à ce genre d’édifice.

Pour autant je pense que c’était l’idée de mener un projet artistique à cet endroit, à proximité immédiate de cet édifice fort qu’est le manoir, qui m’a mené à penser ce travail.

 

Je voulais dans le fond qu’un travail discret et simple puisse « rivaliser » avec ce monument bien planté. Opposer du  fragile  au  fort, du frêle à l’imposant, jouer d’une juste mise en tension pour trouver une possibilité de créer.

 

Monotypes (ou presque) est un cheminement. Le mien, que je propose au visiteur.

 

Ce sont des ardoises, déjà un élément fort du lieu, sur lesquelles apparaissent des formes variables du manoir au travers d’éléments repérables. Ces formes sont réalisées  « d’un seul trait spontané ».

Ainsi, au départ, les « monotypes »  s’accrochent à une idée assez    fidèle  de « l’image » du manoir, puis au fil du cheminement ils s’organisent différemment, conservant des éléments repères mais modifiant l’architecture.

 

L’idée est que ces visions multiples proposent au visiteur de porter un autre regard sur les évidences, à voir autrement, ce sans jamais perdre le fil de l’image de départ.

Il faudra juste parfois les chercher un peu, oublier l’image initiale, se laisser guider ailleurs, dans un entre deux mondes, avant de la retrouver.

 

L’installation de ces ardoises installées sur de petits bâtiments rappelant les dépendances du Manoir propose un jeu sur la perception ainsi que sur l’échelle des lieux en inversant notre rapport aux volumes.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

« Pilotis »  2011-2012 - sculptures, ardoise, traces du temps et peinture

 

Après  « plein cintre » en 2008 – des structures faites de bois cintré-, c’est un retour  vers l’architecture avec ce travail qui s’intéresse symboliquement à ce qui fait fondement du monde.

 

Des constructions –un monde en soi déjà- faites d’ardoises que j’ai récupérées, découpées et assemblées en préservant la beauté de la trace du temps. Des constructions où la sensation du fragile rivalise avec l’audace de l’élévation.

 

Un ensemble solide et fragile tout en même temps.

 

Pilotis est ainsi une métaphore au monde qui se cherche encore et toujours, qui ré interroge ses fondements.

 

Parfois la surface est constituée d’ architectures émergentes ou bien rien d’autre qu’une surface vide, comme pour évoquer deux possibilités : la disparition ou l’apparition, la fin ou le début, l’habité ou le déserté…

 

Au sol, la course du soleil donne à voir un autre monde qui semble dessiner une multitude d’immeubles aux toits tantôt pointus ou plats, des immeubles qui grandissent ou diminuent, qui se rapprochent les uns des autres ou bien s’écartent.

 

Et c’est en réalité en regardant toujours du côté de la face qui se trouve dans l’ombre qu’apparaît de manière plus lisible ce qui se trouve dessus.

 

C’est un peu comme dire que mettre en lumière n’est pas toujours révélé.

Que le sens se trouve toujours à l’arrière plan.

 

J’aime ce genre d’entre deux.

 

 

(photo de Hervé Petitbon)

 

 

 

 

 

 

 

 


« MesCathédrales »  2012, ardoise, traces du temps, peinture

 

Dans le fond, ce sont déjà un peu elles que l’on trouvent sur les pilotis.

Des masses secrètes et silencieuses, dressées dans la nuit.

Je les ai nommé ainsi car en correspondance avec le moment où je les ai créées, dans le secret silencieux de la nuit.

 

 

 

 

 


Après avoir dialoguer avec le Manoir, l'architecture des lieux, j'ai eu envie de m'adresser au jardin.

On passe alors du monde construit à l'apparence d'une cité à la nature.

Un autre monde s'annonce, mais domine toujours l'idée d'une création d'un seul trait, avec la récurence de la forme qui évolue et brouille notre perception des choses.

 

 

« Nids-cages, nids-nuages »  Création 2012 pour le Manoir de Couesme

Aucun des trois possibles donc !  Si ce n’est à choisir. Un travail aux entre-deux multiples.

Il y a de la solitude en même temps que du groupe, de l’absurde et de la poésie, des contraires, du mouvement en même temps que de l’immobilité, de la ressemblance en même temps que de la différence.

 

 

 

 

 

« Rencontre au sommet »  Création 2012 pour le Manoir de Couesme

Des objets manufacturés, et la récurrence de cette forme en fil de fer et de cet oiseau blanc qui changent de statut.

Une nasse renversée devient un sommet qui semble flotter, rencontre un nuage, à moins qu’il ne s’agisse d’un arbre, ou bien d’un perchoir à nuage où se posent les oiseaux…

 

(photo de Hervé Petitbon)

 

 

 

 

 

 


Le Cabinet de curiosité poétique

Création 2012 pour le Manoir de Couesme

 

J’ai bien aimé construire cette forme en fil de fer, alors j’ai continué.

Puis, seulement après le travail de volume je l’ai dessiné, toujours d’un seul trait.

 

Après avoir décliné ce travail de différentes manières présentées ici, j’ai pensé à les réunir.

 

C’était bien pratique ces cabinets de curiosités où l’on mettait tout ce que l’on trouvait bizarre, différent, hors norme, monstrueux même.

Tout ce qui n’avait pas vraiment de place dans le monde, mais pas non plus pas de place du tout.

Un entre-deux donc.

 

Alors pourquoi ne pas utiliser cette idée?

 

 

 

« Planches de collection »  papier recyclé, dessin à l’encre

Des ensembles de dessins épinglés comme des insectes, avec une légende, qui comme dans les cabinets de curiosités, ne permet pas toujours de comprendre ou de cerner la différence entre ce qui est nommé et montré.

Alors l’évocation poétique fera le reste.

 

 

 

 


 

« Très nombreux, chacun seul »  acrylique et poussière d’ardoise sur toile

(2 groupes de 80 pièces de 7/7cm)

 

Assurément une métaphore d’une une histoire humaine banale et dans le fond, grave à la fois.

Ici chacun de ces petits carrés portent cette forme organique qui fait référence au vivant, aux nids qui se trouvent dehors, aux nuages qui portent l’eau nécessaire à la vie...

 

En même temps ils évoquent les pixels, qui se constituent toujours très nombreux et à la fois faisant fonction seul, comme l’homme contemporain devant son écran, plein d’amis et souvent seul.

Une dématérialisation des rapports.

 

Quelle différence fondamentale entre ces deux groupes ?

Leur nom n’est-il pas interchangeable ?

 

Je suis convaincu que l’avenir est dans la matérialisation des pixels

 

 (photo de Hervé Petitbon)

 

 

 

 

 

« Derrière les nuages le ciel est toujours bleu »  ardoise gravée, acrylique

Objet de prévision météo sentimentale.

Réalisé avec les chutes du monotype géant.

Rien n’est jamais perdu.

Pas même la couleur bleue qui se trouve au fond la cour.

 

 

 

 

 

 

« Gestation »  fil de fer recuit

Ici le fil est devenu différent, il a évolué vers une forme quasi vivante, une sorte d’insecte peut-être, ou bien une maternité de la forme.

 

Entre-deux là aussi, difficile de savoir.

 

En tous cas, ce sont les dernières que j’ai créées et déjà je songeai à comment cela aurait pu devenir autre chose.

 

 

 

 

 

 

 

 



Un grand MERCI à l'Association des Amis du Manoir de Couesme, à Jean-Pierre Coffe, Parrain de l'exposition, à Pierre Alleaume et Thierry Edouard pour leur confiance et leur aide précieuse, à Arsène, Agathe et Régis Berger pour l'aide indispensable pour installer cette exposition, à Josette pour son éfficace intendance et à tous les autres bénvévoles.

 

http://www.manoirdecouesme.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



24/04/2012
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